Projet GlaLa - Quand des lacs remplacent les glaciers à l’Anthropocène

GlaLa : post-Glacial Lakes at the Anthropocene

Extrêmement nombreux, les lacs formés avec le retrait glaciaire contemporain ont une importance fondamentale sur Terre. Ils influencent ainsi par exemple la météo et le climat global, en modifiant l’humidité, l’absorption du rayonnement solaire ou encore en stockant des gaz à effet de serre. Ils constituent des réserves d’eau douce majeures face à la diminution des réserves continentales et l’augmentation de l’évaporation liée au réchauffement global. Ces lacs sont aussi des ressources touristiques exceptionnelles et des lieux permettant le développement de l’hydroélectricité. Ils peuvent à la fois générer des dangers naturels en se vidangeant et permettre de les atténuer en écrêtant les crues provenant de l’amont. Stockant les sédiments, ils sont d’exceptionnelles archives permettant de reconstituer l’histoire du climat et des activités humaines. Finalement, dans le contexte de la 6ème extinction de masse où la biodiversité d’eau douce est en cours d’anéantissement sur Terre, ces nouveaux écosystèmes pures (encore peu/pas impactés par la pollution et l’artificialisation) constituent d’importants refuges et des futurs hot spots de biodiversité qu’il convient de protéger rapidement.    

Malgré leur nombre et leur importance fondamentale, les nouveaux lacs glaciaires sont encore très peu étudiés et connus dans le monde. Les rares études publiées ces dernières années ont été des inventaires locaux ou des analyses sur le danger naturel associé.

Associant pour la première fois sur ce sujet de nombreuses disciplines scientifiques (de la glaciologie à la biologie aquatique), des données observées et modélisées uniques dans le monde, des acteurs scientifiques d’envergure internationale et des acteurs des territoires, le projet GlaLA – post-Glacial Lakes at the Anthropocene – a ainsi pour ambition de construire les bases d’une connaissance  interdisciplinaire sur ces objets d’études à l’heure du changement climatique, de la 6ème extinction de masse et de la raréfaction des ressources en eau douce.

En 2020, GlaLA a été lancé via une phase initiale visant à récolter les premières données, rédiger les bases d’un première publication scientifique (en visant un journal international à fort impact) et développer un programme scientifique détaillé pour les années suivantes. À partir de 2021, GlaLA aura notamment pour objectif de réaliser la première modélisation des futurs lacs glaciaires dans le monde, de mettre à jour le premier inventaire des lacs glaciaires formés après le Petit Âge Glaciaire dans les Alpes françaises, l’équipement de quelques nouveaux lacs français en capteurs haute-fréquence (température, oxygène, luminosité, etc.) et l’organisation d’un workshop pour réunir les chercheurs et acteurs territoriaux concernés et structurer la suite du projet.

 

Apparition de lacs lors du retrait du glacier de Saint-Sorlin (Savoie) entre 1960 et aujourd’hui (© remonterletemps.ign.fr) :