Vulnérabilité des lacs de haute altitude au réchauffement climatique : communautés phytoplanctoniques actuelles et modalités de réponse

Thèse en cours menée par Coralie Jacquemin sous la direction de Laurent Cavalli, Céline Bertrand & Evelyne Franquet (IMBE, Université Aix-Marseille)

Cette thèse débutée en mai 2015 est issue d’un partenariat entre l’équipe écologie des eaux continentales de l’IMBE (Institut Méditerranéen de Biodiversité et d’Ecologie marine et continentale), porteur du projet, et l’Office National de l’Eau et des Milieux Aquatiques (ONEMA), son principal financeur. En pleine adéquation avec les objectifs du Groupement d’Intérêt Scientifique « lacs sentinelles », elle s’appuie sur un réseau de collaborations entre scientifiques (équipes de recherche de l’IMBE, laboratoire PROTEE de Toulon), espaces protégés (Parc national des Ecrins, Parc national du Mercantour, Parc Naturel Régional du Queyras), et services territoriaux de l’ONEMA. La doctorante en charge de ce projet à l’IMBE est Coralie Jacquemin (coralie.jacquemin@imbe.fr).

Le développement algal lié aux changements environnementaux est une trajectoire potentielle qui préoccupe à la fois les gestionnaires (enjeu de verdissement) et les scientifiques (enjeu de bioindication) en lac de haute altitude. Ce travail de recherche vise à identifier les modalités de réponse actuelles du phytoplancton (biomasse, biovolume, structure, diversité spécifique et fonctionnelle) au réchauffement climatique. Il se base sur des données récoltées par l’IMBE sur des lacs de la chaine alpine française au sein du parc national des Ecrins (P.N.E), du parc national du Mercantour (P.N.M) et du parc naturel régional du Queyras (P.N.R.Q). Les communautés phytoplanctoniques actuelles sont appréhendées à partir d’un jeu de données à large échelle spatiale (35 lacs) et d’un suivi effectué sur un nombre restreint de lacs au cours de l’été 2015 : le lac des Pisses (P.N.E), le lac des Cordes (Hautes-Alpes), le lac du Lauzanier, de Frémamorte et de Trécolpas (P.N.M) ainsi que les lacs Foréant, Egorgéou et Malrif (P.N.R.Q). Les modalités de réponse au réchauffement sont abordées par l’exploitation de séries pluriannuelles de données (12 lacs), et par des expérimentations en conditions contrôlées réalisées sur des communautés phytoplanctoniques fréquemment rencontrées en lacs de haute altitude. L’ensemble de la démarche de la thèse vise à identifier les paramètres qui orientent les lacs de haute altitude vers une trajectoire de verdissement dans un contexte de réchauffement climatique. A terme, ce travail a l’ambition de dégager des potentiels de vulnérabilité des lacs, ainsi que des leviers de gestion permettant d’assurer les services écosystémiques prioritaires de ces milieux.